Petit bateau d'observation scientifique naviguant au large des falaises volcaniques des Canaries au lever du soleil, silhouettes de participants scrutant l'horizon
Publié le 12 avril 2024

Participer à une mission scientifique aux Canaries, c’est possible, à condition de savoir distinguer un vrai programme de recherche d’une simple excursion touristique.

  • Les chercheurs s’appuient sur des citoyens formés pour collecter des données de terrain (photo-identification, comportement) selon des protocoles stricts.
  • La clé est de choisir un opérateur certifié « Barco Azul », un label du gouvernement canarien qui garantit une approche respectueuse et souvent une collaboration avec la science.

Recommandation : Avant de réserver, vérifiez systématiquement les affiliations de l’opérateur avec des réseaux de recherche comme RedPROMAR et interrogez-les sur leur protocole de collecte de données.

L’image est puissante : le souffle d’une baleine à l’horizon, le ballet des dauphins le long de la coque… Les îles Canaries, véritable sanctuaire pour les cétacés, attirent chaque année des milliers de passionnés. Mais au-delà de l’émerveillement, une question se pose pour le voyageur conscient : comment transformer cette expérience contemplative en une action utile ? Beaucoup imaginent que la science marine est une forteresse réservée aux universitaires en blouse blanche. On se contente alors de choisir une excursion « éco-responsable » sur la base de vagues promesses, craignant de déranger les animaux sans vraiment savoir comment aider.

Et si la véritable clé n’était pas seulement de « ne pas nuire », mais de « contribuer activement » ? Et si votre regard, guidé par un protocole précis, pouvait devenir une source d’information précieuse pour les biologistes qui étudient ces populations ? C’est tout l’enjeu de la science participative. Loin d’être anecdotique, l’aide des citoyens est devenue une composante essentielle de la recherche marine dans l’archipel. Mais pour cela, il faut passer du statut de passager à celui d’observateur. Il ne s’agit plus seulement de regarder, mais de voir ; pas seulement de photographier, mais d’identifier.

Cet article n’est pas une simple liste d’opérateurs. C’est un guide pour comprendre les mécanismes qui permettent à un non-scientifique d’embarquer sur une mission de recherche. Nous verrons pourquoi votre aide est cruciale, comment vous inscrire concrètement, et surtout, comment déceler les vrais programmes scientifiques des opérations de greenwashing. Vous découvrirez quel type de mission correspond à votre profil, à quel moment partir pour maximiser vos chances d’observation et pourquoi, même dans ces réserves protégées, votre vigilance est plus que jamais nécessaire.

Ce guide vous donnera les clés pour transformer une simple sortie en mer en une véritable mission de collecte de données, faisant de votre voyage une contribution tangible à la connaissance et à la protection des géants de l’océan.

Pourquoi les chercheurs canariens invitent-ils des non-scientifiques sur leurs missions ?

Loin d’être une simple initiative de vulgarisation, l’intégration de non-scientifiques dans les programmes de recherche marine aux Canaries répond à une nécessité stratégique : démultiplier la capacité de collecte de données sur un territoire immense. L’océan est vaste, et les équipes de chercheurs, souvent restreintes, ne peuvent être partout à la fois. C’est là que vous intervenez. En suivant un protocole de collecte simple mais rigoureux, chaque citoyen embarqué devient une extension du laboratoire, un capteur mobile capable de fournir des informations cruciales sur la distribution, le comportement ou la démographie des espèces marines.

Cette approche, connue sous le nom de science citoyenne structurée, permet de répondre à des questions que les scientifiques seuls ne pourraient résoudre. Où se trouvent les groupes de dauphins à un instant T ? Quelle est la composition d’un pod de globicéphales ? Un individu porte-t-il des marques de collision avec un navire ? Vos photos, vos relevés GPS et vos observations comportementales alimentent des bases de données qui, une fois analysées, révèlent des tendances à long terme sur la santé des populations. Comme le résume parfaitement l’équipe de RedPROMAR (Réseau d’observateurs du milieu marin des Canaries), relayée par une analyse sur la science citoyenne et l’observation des cétacés :

Les observateurs qui composent le RedPROMAR sont, en définitive, les yeux de la science, à travers lesquels nous captons le présent et pouvons comprendre l’avenir de la vie marine de l’archipel des Canaries.

– RedPROMAR (Réseau d’observateurs du milieu marin des Canaries), Biosean – La science citoyenne et l’observation des cétacés

Certaines structures, comme l’association MIRACETI, ont même modélisé ce processus. Elles proposent des stages embarqués où le participant est formé pour devenir un observateur qualifié. À l’issue de cette formation, il est habilité à rejoindre les missions de collecte de données. L’objectif n’est donc pas de vous transformer en biologiste marin, mais de faire de vous un collecteur de données fiable, dont les observations, une fois validées, auront une réelle valeur scientifique.

Comment s’inscrire aux missions de recensement de cétacés ou de tortues marines ?

L’inscription à un programme de science participative est aujourd’hui plus accessible qu’on ne l’imagine. La démarche varie selon le niveau d’implication souhaité, allant de la simple contribution ponctuelle lors d’une sortie en mer à l’engagement dans une véritable croisière scientifique. Dans tous les cas, le processus commence par l’identification d’une structure de recherche sérieuse ou d’un opérateur partenaire.

Pour une immersion complète, des organismes comme Wild Seas Explorer organisent des croisières spécifiquement dédiées à la science participative aux Canaries. Le concept est clair : le voyageur n’est pas un simple touriste, mais un membre de l’équipe scientifique. Encadré par des biologistes ou des éthologues, il participe activement à l’application des protocoles de recherche : photo-identification des cétacés, écoute de l’environnement sonore sous-marin (bioacoustique), relevés comportementaux… Chaque journée est rythmée par la collecte de données, les briefings et les débriefings scientifiques, transformant le voyage en une véritable mission.

Pour ceux qui préfèrent des contributions plus flexibles, de nombreuses plateformes en ligne permettent de partager ses observations. Le principe est souvent le même : après avoir identifié un programme qui correspond à votre activité (observation depuis un bateau, plongée, etc.), vous créez un compte sur l’application ou le site web dédié. Lors de chaque sortie, vous enregistrez vos observations (espèce, nombre d’individus, localisation, photos…). Ces données viennent ensuite nourrir des bases de données nationales ou régionales, comme celles gérées par le réseau RedPROMAR aux Canaries. Des programmes comme BioObs, par exemple, sont spécifiquement conçus pour les plongeurs souhaitant recenser la biodiversité rencontrée sous la surface.

Mission d’observation depuis un bateau ou inventaire en plongée : laquelle selon votre niveau ?

Le choix entre une mission en surface et une mission sous-marine dépend principalement de vos compétences, mais aussi du type de données que vous souhaitez aider à collecter. Les deux approches sont complémentaires et tout aussi cruciales pour les scientifiques. Il est donc important de choisir celle qui vous correspond le mieux pour garantir la qualité de votre contribution.

L’observation depuis un bateau est la plus accessible. Elle ne requiert aucune certification et permet de se concentrer sur des phénomènes à grande échelle. Depuis le pont, les participants aident à repérer les animaux, à estimer la taille des groupes, à documenter les comportements de surface (sauts, nourrissage, socialisation) et, surtout, à réaliser des photos d’identification. La nageoire dorsale d’un dauphin ou la queue d’une baleine est unique, comme une empreinte digitale. Vos clichés alimentent des catalogues qui permettent de suivre les individus sur des décennies. Cette méthode est fondamentale pour étudier la structure des populations et leurs déplacements.

La mission en plongée, quant à elle, exige un brevet de plongée valide. Elle offre une perspective différente et plus intime sur l’écosystème. Sous l’eau, l’objectif n’est plus le recensement à grande échelle, mais l’inventaire de la biodiversité d’un site précis et l’observation de la santé des individus. Les plongeurs-citoyens peuvent être amenés à recenser les espèces de poissons, à noter la présence de déchets ou d’engins de pêche abandonnés, ou à documenter l’état de santé des tortues marines (présence de parasites, blessures). L’outil principal n’est plus seulement l’appareil photo, mais aussi la fiche d’observation sous-marine.

Le tableau suivant résume les différences clés entre ces deux types de missions pour vous aider à choisir celle qui correspond à votre profil.

Bateau vs plongée : quelles données scientifiques collecter selon la mission ?
Critère Mission depuis un bateau Mission en plongée
Données collectées Comportement de surface, distribution et effectifs des populations Santé individuelle, interactions avec l’habitat, biodiversité associée
Niveau requis Aucune certification de plongée nécessaire Brevet de plongée obligatoire
Outils typiques Application d’observation, photo-identification Fiches d’observation, appareil photo sous-marin

Comment reconnaître un vrai programme de recherche d’une opération de greenwashing ?

L’engouement pour le tourisme « utile » a malheureusement vu naître des offres qui surfent sur la vague de la science participative sans aucune rigueur scientifique. Distinguer une véritable mission de recherche d’une simple excursion déguisée en expédition scientifique est donc essentiel. Le « greenwashing » ou éco-blanchiment ne se cache pas seulement dans les promesses vagues, mais aussi dans l’absence de protocole et de liens concrets avec la communauté scientifique.

Un programme de recherche légitime est toujours transparent sur sa méthodologie et ses affiliations. Le premier réflexe est de vérifier si l’opérateur possède le label « Barco Azul » (Bateau Bleu). Il s’agit d’une certification officielle délivrée par le gouvernement des Canaries aux navires qui respectent une réglementation stricte pour l’observation des cétacés : distance minimale, vitesse d’approche réduite, temps d’observation limité, etc. Un bateau arborant le drapeau jaune « Barco Azul » est un premier gage de sérieux, bien que cela ne garantisse pas à lui seul une collaboration scientifique.

Pour aller plus loin, il faut creuser. Un vrai programme de science participative est toujours rattaché à une institution (université, association de recherche) et supervisé par un chercheur principal identifiable. N’hésitez pas à poser des questions directes : avec quel laboratoire collaborez-vous ? Qui est le scientifique référent ? Les données collectées sont-elles publiées ? Un opérateur sérieux sera fier de vous présenter ses partenaires et l’utilisation concrète de vos contributions. La collaboration avec des réseaux officiels comme RedPROMAR est également un excellent indicateur de crédibilité.

Checklist pour vérifier la crédibilité d’un programme avant de réserver

  1. Vérifier la certification : L’opérateur est-il référencé auprès du Gouvernement des Canaries et possède-t-il le label « Barco Azul » ?
  2. Identifier les partenariats : L’opérateur mentionne-t-il une inscription ou une collaboration active avec RedPROMAR, le réseau officiel d’observateurs ?
  3. Demander le référent scientifique : Quel est le nom du chercheur principal affilié au programme et à quel institut de recherche est-il rattaché ?
  4. Consulter les sources officielles : L’opérateur est-il recommandé par l’office de tourisme des Canaries dans ses guides sur l’observation responsable ?
  5. Questionner le protocole : Existe-t-il un briefing avant la sortie sur le protocole de collecte de données et un débriefing après pour discuter des observations ?

Quand partir aux Canaries pour participer aux campagnes de comptage des espèces ?

La bonne nouvelle, c’est que les Canaries offrent des opportunités d’observation des cétacés tout au long de l’année. Grâce à la présence de populations résidentes, chaque sortie en mer peut potentiellement se transformer en séance de collecte de données. Cependant, le calendrier des migrations influence la diversité des espèces que vous pourrez rencontrer.

Deux espèces sont les véritables stars de l’archipel et peuvent être observées en toute saison : le grand dauphin (Tursiops truncatus) et le globicéphale tropical (Globicephala macrorhynchus), aussi appelé baleine pilote. Ces populations sont sédentaires, notamment dans le canal protégé entre Tenerife et La Gomera. La probabilité de les rencontrer est extrêmement élevée. Par exemple, lors d’une excursion de qualité au départ de Tenerife, il y a environ 98% de chances de voir une baleine pilote, ce qui garantit presque à chaque fois la possibilité de réaliser des photo-identifications ou des observations comportementales.

Pour observer les grands cétacés migrateurs, il faudra viser une saison plus spécifique. L’hiver, de décembre à mars, est la période idéale pour tenter d’apercevoir des géants comme le rorqual commun ou la majestueuse baleine à bosse, qui transitent par les eaux canariennes lors de leurs migrations. Le printemps peut parfois réserver la surprise d’une rencontre avec des orques, bien que celles-ci restent beaucoup plus rares et occasionnelles. Choisir sa période de voyage dépend donc de son objectif : se concentrer sur l’étude approfondie des populations résidentes (possible toute l’année) ou participer au recensement des espèces de passage (plutôt en hiver).

Ce calendrier vous aidera à planifier votre mission scientifique en fonction des espèces que vous espérez le plus contribuer à étudier.

Calendrier des espèces de cétacés observables à Tenerife selon la saison
Espèce Statut Meilleure période
Grand dauphin Résident permanent Toute l’année
Globicéphale (baleine pilote) Résident permanent Toute l’année
Baleine à bosse / rorqual commun Migrateur Hiver (décembre à mars)
Orque Rare, occasionnelle Printemps

Pourquoi les baleines pilotes vivent-elles en permanence au large de Tenerife ?

La présence d’une des plus grandes populations résidentes de baleines pilotes au monde juste au large de la côte sud de Tenerife n’est pas un hasard. Elle est le fruit d’une combinaison unique de facteurs géographiques et océanographiques qui font de cette zone un habitat idéal pour cette espèce. Comprendre cet écosystème, c’est aussi comprendre pourquoi sa protection est si cruciale.

Le secret réside dans la topographie sous-marine exceptionnelle du canal qui sépare Tenerife de l’île voisine de La Gomera. Les fonds marins y plongent très rapidement pour atteindre des profondeurs de plus de 2000 mètres à quelques kilomètres seulement de la côte. Or, les globicéphales sont des prédateurs des grandes profondeurs : ils se nourrissent principalement de calmars géants qu’ils chassent lors de plongées spectaculaires. La proximité de ces zones de chasse abyssales et des eaux de surface plus calmes pour se reposer et socialiser constitue un avantage énergétique considérable pour eux. Ils n’ont pas besoin de parcourir de longues distances pour trouver leur nourriture.

Cette sédentarité a été confirmée par des décennies de suivi scientifique, notamment grâce à la photo-identification. Les biologistes marins ont constitué d’immenses catalogues photographiques des nageoires dorsales des individus. Ces « cartes d’identité » naturelles leur permettent de reconnaître chaque baleine, de suivre ses déplacements, sa reproduction et son état de santé au fil des ans. Ce travail de longue haleine, auquel les observateurs citoyens contribuent massivement, a permis de démontrer que plusieurs dizaines de « pods » (groupes familiaux) vivent de manière quasi permanente dans ce secteur. Ces animaux ne font pas que passer ; ils naissent, grandissent et se reproduisent ici, faisant de ces eaux un habitat essentiel pour la survie de l’espèce.

Pourquoi les Canaries sont-elles menacées malgré leur statut de réserves protégées ?

Le classement d’une zone en « réserve de biosphère » ou en « site du patrimoine mondial de l’UNESCO » pour l’observation des baleines est une étape cruciale, mais elle ne constitue pas un bouclier infaillible. Les cétacés des Canaries font face à des menaces insidieuses et souvent invisibles qui transcendent les frontières des aires marines protégées. La plus préoccupante d’entre elles est la pollution sonore sous-marine.

Les cétacés vivent dans un monde acoustique. Ils utilisent le son pour communiquer, naviguer, chasser et détecter les prédateurs. Or, l’océan est devenu un environnement extrêmement bruyant. Le trafic maritime intense (ferries, porte-conteneurs, bateaux de plaisance) génère un bruit de fond constant qui masque leurs communications et peut les pousser à quitter des zones d’alimentation vitales. Une analyse globale a montré qu’en 50 ans, le bruit de basse fréquence aurait été multiplié par 32 le long des principales routes maritimes. Ce brouhaha permanent est une source de stress chronique qui affaiblit les animaux.

Plus grave encore sont les bruits impulsifs de très haute intensité, comme ceux émis par les sonars militaires. Les Canaries ont été le théâtre d’un drame qui a servi de cas d’école mondial. En 2002, suite à des manœuvres navales utilisant des sonars de moyenne fréquence, quatorze baleines à bec se sont échouées sur les côtes de Fuerteventura et Lanzarote. Les autopsies, menées par l’Université de Las Palmas de Gran Canaria, ont révélé des lésions typiques d’un accident de décompression : des bulles d’azote dans les organes vitaux. Une étude publiée par l’équipe de pathologistes a établi un lien de cause à effet direct entre l’exposition aux sonars et ces échouages de masse. Prises de panique, les baleines seraient remontées à la surface trop vite. Cet événement tragique démontre qu’un statut de protection sur le papier ne suffit pas si l’on ne régule pas les activités humaines qui impactent l’écosystème acoustique.

À retenir

  • La science participative aux Canaries est un outil de recherche structuré, où les citoyens formés suivent des protocoles pour fournir des données exploitables (photo-identification, comportement).
  • Le label « Barco Azul », délivré par le gouvernement canarien, est le premier gage de sérieux pour un opérateur, garantissant le respect des règles d’approche des cétacés.
  • La principale menace pour les cétacés, même dans les réserves, est la pollution sonore (trafic maritime, sonars), qui perturbe leur communication et leur survie.

Comment contribuer activement à la préservation écologique des Canaries ?

Face à des menaces aussi diffuses que la pollution sonore, le citoyen peut se sentir impuissant. Pourtant, chaque visiteur a un pouvoir considérable : celui de choisir. En devenant un consommateur averti et exigeant, vous orientez le marché du tourisme d’observation et soutenez indirectement les acteurs qui s’engagent réellement pour la recherche et la conservation. Votre contribution la plus active commence donc bien avant de mettre le pied sur le bateau.

La première action, et la plus impactante, est de choisir exclusivement un opérateur certifié « Barco Azul ». En privilégiant ces entreprises, vous soutenez un modèle économique qui intègre le respect de la vie sauvage comme un standard non négociable. Mais vous pouvez aller plus loin. Interrogez l’opérateur sur ses pratiques : limite-t-il le temps d’observation par groupe d’animaux (la recommandation est d’environ 30 minutes) ? Partage-t-il ses photos d’identification avec les programmes de recherche locaux ? Un bon opérateur est souvent un partenaire de la science.

Votre comportement en mer est aussi un acte de préservation. En respectant les consignes de l’équipage (ne pas crier, ne pas jeter de déchets), vous minimisez votre propre impact. Comme le souligne Elsa Jiménez de la Fondation Cram, même le bruit des moteurs peut être une source de perturbation. En tant que passager d’un bateau respectueux, vous contribuez à réduire ce stress acoustique. Enfin, si vous êtes témoin de pratiques non conformes (un bateau harcelant les animaux, s’approchant trop près ou trop vite), vous avez le devoir de le signaler aux autorités compétentes. Vous devenez ainsi un maillon de la surveillance et de la régulation.

L’enjeu est de comprendre que le bruit et la pression touristique ne sont pas des fatalités. Comme le rappelle Elsa Jiménez, citée dans un article de Salut Îles Canaries sur l’observation respectueuse des cétacés, la saturation a des conséquences directes :

La saturation des embarcations aux endroits où les cétacés habitent peut affecter leur vie. Par exemple, leur mode de communication peut être perturbé puisqu’ils le font à travers le son et que le bruit des moteurs déforme leurs messages.

– Elsa Jiménez, Fondation Cram

Devenir un acteur de la préservation est à votre portée. Pour cela, il est crucial d’intégrer les bons réflexes et de comprendre comment vos choix peuvent activement soutenir l'écosystème marin des Canaries.

Votre prochaine excursion en mer n’est donc pas qu’une simple balade : c’est une décision. En choisissant un opérateur certifié et engagé, qui transforme votre participation en données utiles, vous cessez d’être un simple spectateur pour devenir activement un gardien de ce sanctuaire marin.

Questions fréquentes sur l’embarquement avec des biologistes marins aux Canaries

Qu’est-ce que le label « Barco Azul » ?

Il s’agit d’une certification officielle délivrée par le gouvernement des Canaries aux bateaux respectant une réglementation stricte pour une observation responsable et durable des cétacés.

Quelles règles impose concrètement ce label ?

Le maintien d’une distance minimale d’environ 50 mètres avec les animaux, une approche lente, un temps d’observation limité et l’interdiction du bruit excessif des moteurs.

Comment reconnaître visuellement un bateau certifié ?

Les bateaux certifiés arborent un drapeau jaune portant le logo « Barco Azul – Blue Boat ».

Rédigé par Claire Fontaine, Éditrice de contenu dédiée à la découverte responsable du milieu marin et à l'observation éthique des mammifères marins, elle compile les données scientifiques sur les populations de cétacés et analyse les pratiques des opérateurs d'excursions. Sa mission est de guider les voyageurs vers des expériences maritimes authentiques tout en respectant le bien-être animal et les écosystèmes fragiles. Son approche repose sur la rigueur documentaire et la vérification des labels de tourisme durable pour garantir des informations fiables et actualisées.